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Un cri. Dans le genre « Hm... HM... AHHHHHHH ! » Vous voyez ? Ouais, le genre qui te frigorifie chaque globule rouge jusqu'à devenir bleu. Le genre qui te terrifie quand tu l'entends la nuit, a tel point que tu te suicides vite fait pour plus jamais avoir affaire a un tel son. Le genre de cri que tu n'imagines réalisable que dans les films comme Autant en emporte le vent. Cauchemarder... Imaginez-vous une pièce... Une pièce grise, sombre, les murs lisses, infinis, la salle est ronde, aucun coin, immense salle, vous avez du mal à respirer, il n'y pas assez d'air dans cette antichambre de l'horreur, pourtant trop grande, trop immense, trop incoercible. Le plafond est si haut que vous, minuscule détail dans un si vaste tout, vous ne le voyez pas. Le trou noir au dessus de votre insignifiante tête. Vous vous trouvez au milieu de cette pièce, étourdi, endormi, effrayé, intrigué, vous regardez autour de vous, cherchant quelque chose, n'importe quoi, quelque part ou se réfugier, se cacher, s'enfuir, se blottir. Vous apercevez, au loin, contre le mur, a plusieurs dizaines de mètres, un frigo, tout aussi gris et brillant que le blanc des yeux d'un ivrogne fini. Vos pieds ne sont plus à vous, vous ne les contrôlez plus. Ils avancent vers le réfrigérateur, pendant que vous, pauvre termite, vous mourrez d'angoisse, vous ne savez pas ce qu'il se passe. Vous avancez, vous transpirez, vous voulez crier, rien ne sort, ca vous rend anxieux, claustrophobe, vous voulez vous échapper de votre propre corps, vous êtes pris au piège. Après quelques minutes de marche, sans s'arrêter, de souffle coupé, de peur atroce, de pupilles dilatées d'anxiété, vous arrivez enfin devant l'objet de votre démence. Vous approchez sans le vouloir votre bras vers la poignée, vos doigts tremblent, votre souffle s'entend, fort, trop fort, trop maladroit, vous ne savez pas quoi faire pour stopper ce cauchemar, vous ne pouvez. Votre main enveloppe la poignée, elle est froide, elle vous glace encore plus le sang, si cela est possible. Un frisson vous envahit, vos jambes flanchent, vous ne tenez que par votre bras encore accroché au frigo. Vos doigts tirent, vous ouvrez le réfrigérateur. Vos yeux se glacent, la peur se lit sur votre visage blême, vous sentez une goutte de sueur perler au coin de votre cavité oculaire, ca n'est que ca, une cavité oculaire, rien d'autre. Il est ouvert, vous observez, cette lumière aveuglante qui sort de cet ogre glacial, cette lumière blanche, et pourtant si sombre, si intense, si aveuglante, si sadique. Votre visage se baisse, lentement, à rythmes saccadés, et la, vous voyez. Votre bouche s'entrouvre, vos yeux se font gros, ronds, figés par la terreur, votre figure défigurée de frayeur, livide, votre main lâche la poignée du frigo, tombe contre votre buste raide, froid, dur. Votre corps est léthargique, il devient lourd, vous sentez vos jambes lutter contre la chute, vous ne savez même pas comment vous êtes encore debout. Vous l'observez, encore, vous ne pouvez détacher votre regard de... ca, et pourtant, vous voudriez vous retourner, courir, crier jusqu'à vous étouffer, mais vous en êtes incapable, vous n'êtes pas apte a décider vous-même de vos actes. Vous clignez durement des yeux, vous avez du mal, vous n'y croyez pas. Devant vous, au milieu du réfrigérateur, couché sur une étagère, en boule, ses énormes yeux fermés, il dort, on dirait, ce f½tus d'extra terrestre. Oui, vous avez bien lu, n'allez pas vérifier vos lentilles, un f½tus d'extra terrestre. Gris bleu, des petits bras dans le genre souris, recroquevillés sur le buste plus plat qu'un ½uf au plat (xD), des petites jambes dodues, un petit corps sans muscles ni rien, et une énorme tête recouvrant le tout, une figure pointue en haut, des yeux qui prennent les trois quart de son visage, deux minuscules trous en guise de nez, juste en dessous des yeux, et une fente qui sert surement de bouche. Tout est luisant, peut être même gluant ! Quelle horreur. Vous n'en croyez pas vos yeux. Que se passe-t-il ? Ou êtes-vous ? Vous sortez quelque peu de votre transe, et, malgré une peur démesurée, vous prenez doucement le f½tus, avec une méfiance immense. Vous le portez a bout de bras, il pourrait être dangereux, vous êtes terrifié, terrorisé, tétanisé. Vous déglutissez difficilement, vous avez mal a la gorge, tous vos muscles sont figés, vous sentez le vide vous envahir, le vent inexistant briser vos os, votre peau se défaire sur vos vêtements, le sol se désister sous vos pieds douloureux. Vos yeux sont tellement exorbités que vous craignez de voir le sol se rapprocher de plus en plus, et de sentir vos pupilles claquer le sol. Ces derniers considèrent, interdits, déconcertés, la petite bête, horrible, incroyable. Soudain, il ouvre les yeux, les énormes orbites s'ouvrent, laissent apparaitre des pupilles énormes, noires, brillantes, impassible et pourtant enfantines, épouvantablement atroces. Vous paniquez, vous levez la tête, le plafond tombe sur vous, de très haut, trop haut. Vous criez, laissez tomber le f½tus, il a pris en un millième de seconde un sourire diabolique. Le sol se dérobe sous vos pieds, vous criez, vous attendez que la mort vienne s'écraser sur vous. Vous patientez, cette attente est insupportable, cela ne cessera-t-il donc jamais ? Quand la mort est à deux mètres de votre tête, votre soulagement est tel que vous fermez les yeux, et que vous soufflez, pour la première fois de votre rêve. Et la, vous sentez que vous partez. Vous n'avez pas le temps de sentir la mort vous emporter et vous donner le sentiment de paix intérieur dont vous rêvez tant depuis d'interminables heures. La réalité vous vole cela. Vous disparaissez lentement, vous ne l'aurez pas. Vous vous réveillez. Vous criez. Vous comprenez ?